« Nos données sont hébergées en Suisse » est devenu une phrase de brochure. Elle est souvent vraie et presque toujours incomplète. Ce qui sort d'un système ne sort pas par la base de données, il sort par les bords, et les bords ne figurent sur aucun contrat.

Ce que « hébergé en Suisse » recouvre vraiment

Un hébergement suisse veut dire que les fichiers et la base vivent sur des machines situées en Suisse, exploitées par une entreprise soumise au droit suisse. C'est nécessaire et c'est loin d'être suffisant.

Le cadre légal de référence est la loi fédérale sur la protection des données, RS 235.1, dont la version révisée est en vigueur. Elle impose des obligations au responsable du traitement, quelle que soit la localisation de ses machines. La géographie du serveur ne dispense d'aucune de ces obligations, et un hébergeur suisse ne rend pas conforme un traitement qui ne l'est pas.

Référence lue directement dans le document officiel : loi fédérale sur la protection des données, RS 235.1, version consultée à l'état du 1er septembre 2023 sur le recueil systématique du droit fédéral.

Les quatre fuites que personne ne regarde

Ce sont celles que nous trouvons systématiquement lors d'un audit, y compris sur des sites présentés comme entièrement souverains.

Le fond de carte

Une carte affiche vos données sur un fond qui vient presque toujours d'un fournisseur étranger. Chaque consultation lui apprend quelle zone est regardée, à quel zoom et à quelle heure. Pour un dossier d'urbanisme ou d'acquisition, c'est l'intention qui fuit, pas la donnée.

La police de caractères

Une police chargée depuis un service extérieur transmet à chaque visite l'adresse de l'internaute et la page consultée. La police se rapatrie sur votre propre serveur en quelques minutes, et cette fuite disparaît.

La mesure d'audience

Elle envoie, par construction, le parcours de chaque visiteur à un tiers. C'est parfois assumé et justifié. Ce qui ne l'est jamais, c'est de l'ignorer tout en affirmant que rien ne sort.

L'assistance et les outils internes

Le point le plus sous-estimé. Une messagerie, un service de tickets, un outil de visioconférence ou un assistant peuvent emporter à l'étranger des données que le site protège soigneusement.

La question qui tranche, et elle n'est pas technique

Avant d'examiner une architecture, nous posons une seule question : quelle information, si elle devenait connue d'un tiers, coûterait vraiment quelque chose à cette organisation ?

La réponse est presque toujours plus étroite que prévu, et elle déplace le chantier. Souvent, ce n'est ni la base clients ni le site : c'est une liste de prospects, un calendrier d'acquisition, un dossier en cours, un fichier de trois cents lignes qui vit dans une boîte mail.

Protéger tout au même niveau coûte cher et protège mal. Identifier les vingt fichiers qui comptent vraiment, et les traiter sérieusement, coûte peu et protège beaucoup.

Ce qu'on peut faire en une semaine, sans rien reconstruire

Rapatrier les polices de caractères sur votre serveur. Remplacer un fond de carte étranger par un fond suisse ou auto-hébergé. Établir la liste des services tiers réellement appelés par vos pages, qui est presque toujours plus longue que ce que l'équipe croit. Fermer les répertoires accessibles publiquement par erreur.

Ce dernier point n'est pas théorique : nous avons déjà trouvé, lors d'audits, des répertoires de données ouverts en accès libre sans que personne ne le sache. Remonter d'un répertoire dans une adresse ne prouve rien sur la racine web, et c'est ainsi que ces ouvertures passent inaperçues des années.

Ce que nous garantissons, et ce que nous ne garantissons pas

Nous garantissons ce qui se vérifie : hébergement en Suisse, aucune donnée sensible envoyée à un service étranger par les systèmes que nous livrons, et un code que vous possédez et qu'un autre prestataire peut reprendre.

Nous ne garantissons pas une conformité juridique globale, qui dépend de vos traitements, de vos contrats et de votre organisation, et qui relève de votre conseil. Nous ne garantissons pas non plus l'invulnérabilité : aucun système ne l'offre, et quiconque l'affirme vous vend autre chose que de la sécurité.

Savoir ce qui sort ?

Audit gratuit sous 48 heures, liste complète des services tiers réellement appelés

Demander un audit gratuit

Questions fréquentes

Q.01Héberger en Suisse suffit-il à être conforme ?
Non. La localisation des serveurs est un élément parmi d'autres. Les obligations du responsable de traitement prévues par la loi fédérale sur la protection des données, RS 235.1, s'appliquent indépendamment de l'endroit où tournent les machines.
Q.02Par où sortent réellement les données d'un site ?
Par les bords, presque jamais par la base. Les quatre points que nous trouvons le plus souvent sont le fond de carte, les polices de caractères chargées à l'extérieur, la mesure d'audience, et les outils internes de l'équipe.
Q.03Combien coûte de refermer ces fuites ?
Les trois premières se traitent souvent en quelques jours pour un montant faible, sans reconstruire quoi que ce soit. La quatrième, les outils internes, demande une décision d'organisation plus qu'un budget technique.
Q.04Faut-il tout héberger soi même ?
Non, et c'est rarement souhaitable. L'auto-hébergement déplace le risque vers votre capacité à maintenir et à sauvegarder, ce qui est un métier. Un hébergeur suisse sérieux avec un périmètre bien défini est presque toujours le meilleur compromis.
Q.05Le code que vous livrez nous appartient-il vraiment ?
Oui, entièrement, y compris les accès et le nom de domaine. C'est un principe et non une option commerciale : un client qui ne peut pas partir n'est pas un client.
Q.06Faites-vous du conseil juridique ?
Non. Nous mettons en œuvre des choix techniques et nous documentons ce qui sort et ce qui ne sort pas de vos systèmes. La qualification juridique de vos traitements relève de votre conseil, et nous travaillons volontiers avec lui.

À lire ensuite