Une caméra résout un risque d'intrusion et en crée un autre, moins visible : elle produit en continu des données sur des personnes, et la question de savoir où ces données vont est presque toujours posée après l'installation, quand il est cher d'en changer.
Le point que les devis n'abordent jamais
Un système moderne ne se contente pas d'enregistrer. Il détecte, il classe, il alerte. Et cette analyse tourne souvent chez le fabricant, à l'étranger.
Concrètement, cela veut dire que des images de vos locaux, de vos employés et de vos clients quittent la Suisse en continu, pour être traitées par un tiers dont vous ne connaissez ni les sous traitants ni les durées de conservation réelles.
Un système qui résout le risque d'intrusion en créant une fuite continue n'améliore pas votre sécurité, il en déplace la nature. C'est un arbitrage légitime, à condition d'être fait sciemment.
Les cinq questions à poser avant de signer
Elles se posent à l'installateur, par écrit, et les réponses en disent long.
Où sont stockées les images, physiquement ?
Sur un enregistreur chez vous, ou chez un hébergeur, et dans quel pays. Une réponse vague est une réponse.
L'analyse tourne t elle en local ou à l'extérieur ?
La détection de mouvement ou de personne peut tourner sur l'appareil. Beaucoup de fabricants la font tourner chez eux, ce qui suppose que l'image y monte.
Combien de temps les images sont elles conservées, et par qui ?
Chez vous, et chez le fournisseur, qui garde souvent plus longtemps que ce que vous croyez.
Qui peut voir les images, et comment le savez vous ?
Le fournisseur, son assistance, l'installateur. Demandez la trace des consultations : si elle n'existe pas, tout accès est invisible.
Que se passe t il si vous changez de prestataire ?
Les images vous appartiennent elles, et sont elles exportables dans un format lisible ?
Ce que le droit suisse impose, et ce que nous ne dirons pas
Les images de personnes identifiables sont des données personnelles. La loi fédérale sur la protection des données, RS 235.1, s'applique au traitement, et les obligations pèsent sur vous en tant que responsable, pas sur votre installateur.
En revanche, nous ne nous prononcerons pas ici sur ce que le droit du travail permet en matière de surveillance des employés, ni sur les régimes cantonaux applicables aux espaces ouverts au public. Nous ne les avons pas vérifiés sur les textes, donc nous n'écrivons rien à leur sujet, et ces points se tranchent avec votre conseil avant l'installation, pas après.
Une règle simple qui évite la plupart des difficultés : ne filmer que ce qu'il faut, ne conserver que le temps qu'il faut, et écrire noir sur blanc qui peut regarder. Ces trois phrases tiennent sur une page et se demandent le jour d'un incident.
Ce que nous installons quand nous le faisons
Stockage local ou en Suisse, analyse qui tourne sur l'appareil quand c'est possible, journal des consultations, durées de conservation paramétrées et documentées, et un document d'une page qui dit qui accède à quoi.
Et le même principe que partout : le système est repris par un autre prestataire si vous le décidez, images comprises, dans un format lisible.
Ce que nous ne promettons pas
Aucune installation n'empêche une intrusion. Elle l'enregistre, elle la documente, et parfois elle la dissuade. Quiconque promet autre chose vend une illusion.
Et aucune installation ne rend conforme un traitement qui ne l'est pas. La conformité dépend de ce que vous filmez, de qui vous informez et de combien de temps vous conservez, pas de la marque des caméras.
Des caméras qui parlent à qui ?
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