La météo est la donnée la plus consultée d'une exploitation et la moins exploitée. Consulter une prévision et décider sur une donnée sont deux gestes différents, et le second exige un historique que presque personne ne constitue.
Prévision de zone et condition de parcelle, deux objets distincts
Une prévision publique décrit une zone de plusieurs kilomètres. Elle est très bonne pour ce qu'elle fait, et elle ne dit rien de ce qui se passe sur une parcelle particulière.
En relief, l'écart est important : une différence d'altitude, une exposition, un fond de vallon suffisent à décaler une gelée de plusieurs degrés et de plusieurs heures. La prévision est juste et la décision prise dessus est fausse, ce qui est le pire des cas parce que rien ne signale l'erreur.
Nous avons rencontré exactement ce piège sur un autre dossier, en montagne : la base d'un nuage calculée à partir de valeurs au sol devient fausse dès que le relief entre en jeu. La leçon se transpose sans changement.
Ce qui se décide vraiment sur une donnée météo
Quatre décisions, et elles n'exigent pas les mêmes données.
Intervenir ou attendre
Traitement, fauche, récolte. La décision se prend sur une fenêtre de quelques heures et elle demande une prévision fine, pas un historique.
Constater ce qui s'est passé
Gel, grêle, sécheresse, excès d'eau. Cela demande l'inverse : une mesure horodatée et localisée, conservée, qu'on pourra produire des mois plus tard devant un tiers.
Comprendre une année atypique
Comparer la saison en cours à la même parcelle les années précédentes. Cela exige un historique, et un historique ne se constitue pas après coup.
Anticiper un risque récurrent
Un fond de parcelle qui gèle systématiquement, une exposition qui sèche plus vite. Ces constats valent des décisions d'assolement et ils ne se voient qu'au bout de plusieurs années de relevés.
La donnée qui a le plus de valeur n'est pas la prévision de demain, c'est le relevé d'hier, conservé. La prévision se trouve partout et gratuitement ; l'historique de votre parcelle n'existe que si vous l'avez constitué.
Constituer un historique qui serve, sans se ruiner
Une station sur l'exploitation coûte quelques centaines à quelques milliers de francs selon les capteurs. Ce qui coûte vraiment, c'est de la maintenir et d'en conserver les données proprement pendant dix ans.
Nous conseillons un dispositif mixte : une ou deux stations aux endroits qui décident, c'est à dire les plus atypiques et non les plus commodes, complétées par les données publiques pour le reste.
Et une exigence non négociable : chaque relevé porte son heure d'écriture, sa station et sa position. Un historique sans ces trois éléments ne vaut rien devant un contradicteur, et c'est précisément le moment où l'on en a besoin.
La panne silencieuse d'une station
Une station météo qui cesse de mesurer ne le dit pas. Elle continue d'émettre sa dernière valeur, ou elle n'émet plus et personne ne regarde.
Le résultat est le même que partout ailleurs dans notre métier : des chiffres plausibles pendant des semaines. Nous posons donc un contrôle de vivacité, date de dernier relevé et nombre de relevés neufs, et une valeur strictement constante sur une longue série déclenche une alerte au même titre qu'une valeur aberrante.
Coût et délai
Un dispositif de collecte, conservation et consultation, avec raccordement aux données publiques et surveillance des stations : de 6 000 à 16 000 francs selon le nombre de points de mesure, hors matériel. Quatre à dix semaines.
L'audit est offert et rendu sous 48 heures. Il commence par identifier les endroits atypiques de l'exploitation, qui sont ceux où une station rapporte, et il dit quelles données publiques couvrent déjà le reste.
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