Un outil de suivi de parcelles est utilisé si et seulement si la saisie prend moins de temps que ce qu'elle fait gagner. C'est une contrainte plus dure qu'elle n'en a l'air : elle élimine la quasi totalité des interfaces conçues devant un écran de bureau.
Pourquoi ces outils sont abandonnés après une saison
Trois causes reviennent, et aucune n'est technique.
La saisie se fait au mauvais moment. Elle est prévue le soir, au bureau, de mémoire. Elle n'est donc pas faite, ou elle est faite faux. Ce qui se note se note debout, sur place, en moins d'une minute, ou ne se note pas.
L'outil demande plus qu'il ne rend. Vingt champs à remplir pour un passage, et aucune sortie utile avant la fin de l'année. L'agriculteur paie d'abord et est remboursé peut être plus tard : personne ne tient.
Il ne parle à rien d'autre. Les données saisies ne servent ni à la déclaration, ni au conseiller, ni à l'assureur, et il faut tout ressaisir ailleurs. La double saisie tue l'outil en trois mois.
Ce qui se note vraiment, et ce qui se déduit
La règle que nous appliquons : ne demander que ce qu'aucun système ne peut savoir.
La date, la parcelle et le type d'intervention se déduisent presque entièrement de l'endroit et du moment où l'appareil est utilisé. Ce qui doit être saisi, c'est ce que seul l'humain sait : ce qu'il a vu, ce qui l'a inquiété, pourquoi il a dévié du plan.
Cette observation qualitative est ce qui a le plus de valeur et c'est celle que tous les outils oublient, parce qu'elle ne rentre pas dans une case.
Une note de terrain de dix mots, datée et rattachée à une parcelle, vaut plus qu'un formulaire de vingt champs rempli de mémoire trois semaines plus tard.
Suivi d'exploitation et dossier défendable, deux objets différents
Un suivi d'exploitation sert à décider : quoi semer, quand intervenir, où ça va mal. Il tolère l'approximation et vit très bien avec des trous.
Un dossier défendable sert à convaincre un tiers, un expert, un assureur, une administration. Il exige que chaque élément porte sa source, sa date et son mode d'obtention, et qu'il soit possible de dire ce qui manque.
Confondre les deux est la faute la plus coûteuse de ce domaine. Un suivi d'exploitation présenté comme une preuve s'effondre à la première question précise, et il emporte la crédibilité du reste avec lui.
L'imagerie, ce qu'elle apporte à ce niveau
Un indice de végétation calculé régulièrement donne une chose que le passage sur le terrain ne donne pas : une série continue et comparable dans le temps, sur toutes les parcelles à la fois.
Nous avons relevé un indice de 0,58 sur une parcelle test lors de nos essais. La valeur en elle même ne veut rien dire : ce qui compte est l'écart avec la même parcelle l'an dernier, ou avec la parcelle voisine du même type.
Et une limite qu'il faut annoncer avant de vendre : l'imagerie optique ne traverse pas les nuages. En zone de relief, une part importante des passages est inexploitable, souvent au moment précis d'un épisode qui cause des dégâts.
Coût, délai, et ce qui reste chez vous
Un outil de suivi avec saisie de terrain rapide, historique par parcelle, séries d'imagerie et exports : de 9 000 à 25 000 francs selon le nombre de parcelles et les raccordements. Six à douze semaines.
Les données d'exploitation sont sensibles économiquement. Elles restent en Suisse, elles vous appartiennent, et vous décidez qui y accède, y compris parmi vos partenaires.
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