L'imagerie satellite et l'indice de végétation sont devenus accessibles à tout le monde, et c'est précisément ce qui rend leur usage risqué. Un indice n'est pas un dégât, et la distance entre les deux est là où se joue tout le sérieux d'un dossier.
Ce qu'un indice de végétation dit, et ce qu'il ne dit pas
L'indice de végétation par différence normalisée, le NDVI, mesure la vigueur chlorophyllienne d'un couvert végétal à partir de deux bandes spectrales. Nous en avons relevé 0,58 sur une parcelle test lors de nos essais.
Ce que cette valeur dit : le couvert est actif, dans une plage moyenne. Ce qu'elle ne dit pas : l'espèce, le stade, le rendement attendu, la cause d'un écart, et surtout si un écart constitue un dommage indemnisable.
Le passage de l'indice au dégât n'est pas un calcul, c'est une interprétation, et elle exige une référence : la même parcelle avant, une parcelle voisine comparable, ou une série historique. Sans référence, un indice isolé n'a aucune valeur probante.
Une valeur de NDVI sans date, sans capteur et sans référence de comparaison ne démontre rien. Les trois se citent ensemble ou ne se citent pas.
Pourquoi le drone n'est pas toujours la réponse
Un de nos interlocuteurs du monde agricole a écarté le couple drone plus satellite et demandé du regroupement de données. Cette position nous a d'abord surpris et elle s'est révélée juste.
Le drone donne une très haute résolution sur une petite surface, à une date choisie, au prix d'une sortie terrain. Le satellite donne une résolution moyenne sur une grande surface, à des dates imposées par le passage et par les nuages. Ni l'un ni l'autre ne résout le problème central, qui est ailleurs.
Le problème central est que les données qui décident existent déjà et sont dispersées : déclarations de surfaces, historiques de rendement, relevés météo, constats d'expert, contrats. Les rassembler produit plus de valeur qu'une image de plus.
Le piège de la nuée, et il n'est pas anecdotique
L'imagerie optique ne voit pas à travers les nuages. En zone de relief, cela signifie qu'une part importante des passages est inexploitable, et souvent précisément lors des épisodes météorologiques qui causent les dégâts.
Nous avons rencontré ce piège sur un autre dossier, en montagne : la base d'un nuage calculée à partir de valeurs au sol est fausse dès que le relief entre en jeu. La leçon transposée ici : une couverture d'images annoncée n'est pas une couverture exploitable, et l'écart entre les deux doit être mesuré avant de promettre quoi que ce soit.
Ce que nous construisons pour ce marché
Non pas un outil de plus qui affiche des cartes colorées, mais un dossier qui tient devant un contradicteur.
Pour chaque parcelle : les sources rassemblées et leur date, l'indice avec son capteur et son passage, la référence de comparaison retenue et pourquoi, la part de la période réellement observable, et la conclusion avec son degré de certitude.
Ce format ressemble davantage à un rapport d'expertise qu'à un tableau de bord, et c'est volontaire : le destinataire final est quelqu'un qui doit décider d'une indemnisation et la justifier.
Ce que nous ne faisons pas
Nous ne sommes ni experts en dommages agricoles ni intermédiaires d'assurance, et nous ne produisons aucune évaluation de préjudice. Ces métiers sont réglementés et ils ne s'improvisent pas.
En Suisse, l'activité d'intermédiaire d'assurance non lié suppose une inscription au registre tenu par la FINMA, prévue à l'article 41 de la loi sur la surveillance des assurances, avec des exigences de réputation, de capacités et de couverture en responsabilité civile. Notre rôle s'arrête à la donnée et à sa traçabilité.
Référence vérifiée sur le texte officiel de la LSA, RS 961.01, état au 1er janvier 2024, articles 41 à 43. Le registre est public et consultable en ligne auprès de la FINMA.
Coût et délai
Un dossier de parcelles instrumenté, rassemblant sources publiques, imagerie et historiques, avec production de rapports défendables : de 12 000 à 35 000 francs selon le nombre de parcelles et l'accessibilité des sources. Huit à seize semaines.
L'audit est offert et rendu sous 48 heures. Il établit surtout une chose : quelle part des données nécessaires existe déjà, et où. C'est presque toujours plus que prévu.
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