En Suisse, la question des langues n'est pas culturelle, elle est commerciale. Une version linguistique coûte de l'argent à produire et à maintenir, et elle n'en rapporte que si quelqu'un la cherche dans cette langue là.

Quelles langues, et dans quel ordre

La réponse dépend de qui achète, pas de ce qui semble poli.

L'allemand est le premier ajout rentable pour la plupart des entreprises romandes qui vendent au delà de leur canton. C'est le marché le plus grand du pays, et il est très peu servi par les prestataires romands, ce qui laisse de la place.

L'anglais sert surtout aux organisations internationales, aux sociétés de négoce et à la clientèle étrangère installée. À Genève, il se justifie souvent avant l'allemand ; ailleurs, rarement.

L'italien se justifie pour le Tessin, et presque uniquement si vous y avez une activité réelle. Une version italienne décorative coûte autant qu'une version utile.

Notre conseil constant : une langue de plus, faite sérieusement, vaut mieux que trois faites à moitié. Une version pauvre nuit à l'image dans cette langue, ce qui est pire que son absence.

Pourquoi la traduction automatique détruit le référencement

Ce n'est pas une question de qualité littéraire, c'est une question de vocabulaire de recherche.

Une traduction automatique produit le mot correct, pas le mot cherché. Un dirigeant alémanique ne tape pas la traduction littérale de ce que tape un dirigeant romand : il tape le terme de son propre métier, dans sa propre région. Traduire une page, c'est traduire les réponses sans traduire les questions.

La conséquence est mesurable : la version traduite se positionne sur des expressions que personne ne tape, et reste invisible sur celles qui comptent. Elle existe, elle est correcte, et elle n'apporte aucun visiteur.

Ce qui fonctionne : reprendre le travail de recherche de vocabulaire dans chaque langue, puis écrire, pas traduire. C'est plus cher, et c'est la seule dépense qui produit du trafic.

Un site en six langues dont cinq sont traduites automatiquement est un site en une langue qui coûte six fois plus cher à maintenir.

Les quatre erreurs techniques qui rendent une version invisible

Elles sont fréquentes, silencieuses, et aucune ne provoque de message d'erreur.

L'absence de déclaration de langue alternative

Sans elle, les moteurs peuvent considérer les versions comme du contenu dupliqué et n'en retenir qu'une. C'est l'erreur la plus coûteuse et la plus facile à corriger.

Une seule adresse pour toutes les langues

Si la version allemande vit à la même adresse que la française, changée par un bouton, elle ne peut pas être indexée séparément. Chaque langue a besoin de sa propre adresse.

La redirection automatique selon le pays

Renvoyer de force un visiteur vers une version en fonction de son adresse réseau empêche les moteurs d'explorer les autres versions, et agace les utilisateurs qui savent ce qu'ils veulent.

Les parties non traduites

Menu traduit, formulaire en français, messages d'erreur en français. C'est le défaut le plus visible pour un visiteur et le plus souvent oublié, parce qu'il vit dans le code et non dans le texte.

Ce que cela coûte réellement

Une version linguistique supplémentaire, écrite et non traduite, avec recherche de vocabulaire propre à la langue : de 3 000 à 9 000 francs selon le nombre de pages. Le raccordement technique, adresses distinctes et déclarations, se fait une fois pour toutes.

Et le coût que personne n'annonce : chaque modification future devra être faite dans toutes les langues. Un site en quatre langues coûte quatre fois plus cher à faire vivre. C'est la raison principale pour laquelle nous conseillons d'en ajouter une à la fois.

Ce que nous ne recommandons pas

Nous ne recommandons pas d'ajouter une langue pour paraître international. Une version qui n'est pas maintenue devient fausse en dix-huit mois, et une page fausse dans une langue nuit davantage que son absence.

Nous ne recommandons pas non plus de traduire les articles de fond en premier. Les pages qui méritent une version dans une autre langue sont celles où quelqu'un décide d'acheter, pas celles qui expliquent.

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Questions fréquentes

Q.01Quelles langues mettre sur un site suisse ?
Celles de ceux qui achètent. L'allemand est le premier ajout rentable pour la plupart des entreprises romandes qui vendent hors de leur canton, et il est peu servi par les prestataires romands. L'anglais passe souvent avant à Genève.
Q.02La traduction automatique suffit-elle ?
Non, et le problème n'est pas la qualité de la langue. Elle produit le mot correct, pas le mot que les gens tapent dans cette langue. La version obtenue est correcte et invisible.
Q.03Faut-il une adresse différente par langue ?
Oui. Si la version allemande vit à la même adresse que la française, elle ne peut pas être indexée séparément. Chaque langue a besoin de sa propre adresse et d'une déclaration de version alternative.
Q.04Faut-il rediriger automatiquement selon le pays du visiteur ?
Non. Cela empêche les moteurs d'explorer les autres versions et agace les visiteurs qui savent ce qu'ils veulent. Proposez, ne forcez pas.
Q.05Combien coûte une langue supplémentaire ?
De 3 000 à 9 000 francs pour une version écrite et non traduite, avec recherche de vocabulaire propre. Le vrai coût est ensuite : chaque modification future devra être faite dans toutes les langues.
Q.06Par quelles pages commencer ?
Par celles où quelqu'un décide d'acheter, pas par les articles de fond. Une page de service et une page de contact bien écrites dans une langue valent mieux que dix articles traduits.

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